L’écorce et le noyau

Nicolas ABRAHAM, Maria TÖRÖK

L’ouvrage matriciel de la psychanalyse transgénérationnelle dans lequel Nicolas Abraham définit le fantôme : le concept qui a été repris par des auteurs appartenants à la plupart des écoles de psychanalyse, à une époque où elles étaient, encore beaucoup plus qu’aujourd’hui, cadenassées dans leur propre outillage conceptuel. L’ouvrage est épais. Il relate le travail de deux vies d’analystes. Pour ceux que ce genre de thèse théorique rebute, il est néanmoins indispensable de lire les articles de la fin, dont « Notule sur le fantôme » qui définit ce concept, et « Histoire de peur, le symptôme phobique : retour du refoulé où le retour du fantôme », un des premiers articles permettant de comprendre que la phobie est un symptôme qui signale l’existence d’un fantôme.

Didier Dumas

Ecrits entre 1959 et 1975, les essais de ce recueil désormais classique ont marqué un renouvellement dans la théorie et la pratique psychanalytiques. C'est ici que N. Abraham et M. Törok inaugurent les notions-clé de la psychanalyse contemporaine (transgénérationnelle), le secret de famille transmis d'une génération à l'autre (théorie du fantôme), le deuil impossible d'un être chéri (maladie du deuil), la secrète identification avec un autre (incorporation), l'enterrement d'un vécu inavouable (crypte). Ces découvertes complémentent l'arsenal théorique freudien et font reculer les limites de l'inanalysable.

Les auteurs

Auteur également du magistral Verbier de l'Homme aux loups (Flammarion, 1976) avec Nicolas Abraham et publié après la mort de celui-ci, Maria Torök poursuit ses recherches sur les enjeux fondamentaux de la psychanalyse dans des ouvrages récents, notamment avec Nicholas Rand, dans Questions à Freud (1995).

Références

L’écorce et le noyau

Nicolas Abraham, Maria Torok

Champs Flammarion

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